
K2 : culture et caractéristiques d'une variété indica compacte
La K2 fait partie des variétés indica dominantes issues du croisement de lignées afghanes et sud-américaines. Compacte, courte en floraison et peu exigeante en hauteur, elle est souvent cultivée sous lampe, en espace réduit, mais accepte aussi l'extérieur dans les régions au climat tempéré et sec en fin de saison. Cette fiche détaille son comportement de croissance, ses besoins et les points de vigilance pendant la floraison.
Origines et profil génétique
La K2 descend d'un croisement entre une Hindu Kush afghane et une lignée sud-américaine sélectionnée pour sa résine. Le résultat est une plante à dominante indica marquée, généralement estimée autour de 80 % indica pour 20 % sativa selon les banques qui la proposent. Cette proportion se lit directement dans la morphologie : entre-nœuds courts, feuilles larges à folioles épaisses, tige principale robuste et ramification latérale limitée si la plante n'est pas taillée.
La hauteur reste contenue. En intérieur, une K2 conduite classiquement en pot de 11 litres dépasse rarement 80 à 100 cm au moment de la récolte. En extérieur, elle peut atteindre 1,20 à 1,50 m dans un sol riche avec une longue phase végétative, mais elle conserve sa silhouette trapue, en buisson, plutôt qu'un port élancé.
Le profil aromatique est terreux et boisé, avec une note épicée et légèrement sucrée en fin de floraison. La production de trichomes est abondante sur les sommités et sur les petites feuilles qui les entourent, ce qui rend les résidus de manucure intéressants pour une extraction mécanique. L'effet rapporté est physique et lourd, typique des lignées kush, ce qui explique que la K2 soit rarement recommandée pour un usage diurne.

Croissance et conduite en intérieur
En culture sous lampe, la K2 tire parti de sa faible hauteur. Trois à quatre semaines de croissance en 18/6 suffisent généralement à obtenir une structure exploitable ; au-delà, la plante s'épaissit sans gagner beaucoup en volume utile. Le passage en 12/12 déclenche un allongement modéré, de l'ordre d'un facteur 1,5 à 2, bien inférieur à ce qu'on observe sur des variétés à dominante sativa.
La densité de plantation dépend de la méthode. En Sea of Green, neuf à seize plantes par mètre carré avec une croissance très courte donnent des colas centrales homogènes et une récolte rapide. En culture de plantes individuelles plus développées, quatre pieds par mètre carré restent un bon compromis, avec un palissage léger ou un écran horizontal pour étaler les branches latérales et exposer davantage de sommités à la lumière.
La taille d'apex fonctionne bien sur cette génétique : elle rééquilibre la dominance apicale et transforme un pied unique en plusieurs têtes de taille comparable. Elle doit être pratiquée pendant la croissance, au minimum dix jours avant le basculement en floraison, pour laisser à la plante le temps de repartir.
Côté climat, la K2 supporte des températures de 20 à 27 °C. L'humidité relative doit descendre progressivement : 60 à 65 % en croissance, 45 à 50 % en pleine floraison, et idéalement moins de 45 % dans les dix derniers jours. La densité des têtes rend cette variété sensible à la moisissure grise si l'air stagne à l'intérieur du couvert végétal, d'où l'intérêt d'un brassage d'air à hauteur des branches basses et d'un effeuillage mesuré.
Floraison, nutrition et arrosage
La floraison s'étend sur sept à neuf semaines selon le phénotype et le moment de récolte choisi. Les premières semaines voient une multiplication rapide des pistils, puis un épaississement continu des calices jusqu'à la formation de têtes compactes et lourdes. Le poids se concentre sur la cola principale et les quatre à six branches supérieures.
Les besoins en azote sont modérés en croissance : un excès produit un feuillage vert foncé, cassant, et retarde la mise à fleur. En floraison, le rapport bascule vers le phosphore et le potassium, avec un apport de calcium et de magnésium souvent nécessaire, notamment en culture hydroponique ou avec une eau osmosée. Les carences en magnésium se manifestent par une chlorose entre les nervures des feuilles moyennes, facile à corriger si elle est repérée tôt.
Le pH se maintient entre 6,0 et 6,5 en terre, 5,6 et 6,0 en substrat inerte. L'arrosage doit rester régulier sans excès : les racines de cette variété n'apprécient pas un substrat détrempé en permanence, et les cycles secs-humides bien marqués limitent les problèmes de fonte et de champignons de racine. Une réduction progressive des engrais sur les dix à quinze derniers jours, puis un rinçage à l'eau claire, améliorent la combustion et l'expression aromatique.
Extérieur, récolte et séchage
En pleine terre, la K2 se récolte en général fin septembre ou début octobre sous les latitudes européennes moyennes. Sa précocité relative est un atout dans les régions où les pluies d'automne arrivent tôt. Sa densité florale reste toutefois un facteur de risque : après une averse, il est utile de secouer délicatement les branches pour évacuer l'eau retenue entre les têtes.
Le rendement attendu se situe autour de 400 à 500 grammes par mètre carré en intérieur avec un éclairage adapté, et de 400 à 600 grammes par plante en extérieur dans de bonnes conditions. Ces chiffres varient fortement selon le volume racinaire, la durée de croissance et la maîtrise du climat.
Le moment de la récolte se décide à la loupe, en observant les trichomes : majoritairement laiteux pour un effet plus clair, avec une part d'ambré pour un résultat plus sédatif. Le séchage se conduit dans l'obscurité, entre 18 et 20 °C et 50 à 55 % d'humidité, pendant dix à quinze jours. Compte tenu de la compacité des têtes, il vaut mieux allonger le séchage que le précipiter, puis affiner en bocaux avec des ouvertures quotidiennes pendant les deux premières semaines.
